“Comme beaucoup d’entre vous, je suis profondément choqué par les images de mairies incendiées, de bâtiments publics dégradés et de commerces pillés ces deux derniers jours. Ces violences sont inacceptables. Elles ne s’attaquent pas seulement à des bâtiments ou à des biens : elles mettent en cause nos libertés publiques et les fondements mêmes de notre démocratie.
Je veux le dire avec force : rien ne peut justifier de telles violences. Elles ne doivent pas non plus être confondues avec les manifestations qui se sont déroulées dans le respect de l’ordre public. Le droit de manifester et la liberté d’expression sont des droits fondamentaux, qui doivent être protégés. La violence, elle, n’a pas sa place dans notre République.
En tant que maire, je sais combien une mairie est bien plus qu’un bâtiment : c’est la maison commune, un lieu de service public, de proximité et de confiance. C’est pourquoi je tiens à exprimer toute ma solidarité aux maires des communes touchées, à leurs équipes, ainsi qu’aux habitants et aux commerçants victimes de ces actes.
Dans le prolongement de l’appel de l’Association des maires de France, j’invite les élus du Conseil municipal, les habitantes et les habitants et les commerçants de Tournefeuille à se rassembler devant l’Hôtel de Ville ce lundi 19 octobre à 12 heures.
Je souhaite que nous soyons nombreux à nous retrouver, au-delà de nos différences, pour défendre ce qui nous rassemble : la République, la démocratie et le respect de chacun.
Face à la violence, notre réponse doit être collective, ferme et républicaine.”
Frédéric PARRE, Maire de Tournefeuille
Le discours du Maire prononcé lors de ce rassemblement
“La situation que traverse notre pays est grave. Les bâtiments publics incendiés, les rues saccagées et les commerces vandalisés suscitent une émotion profonde et une inquiétude légitime. Face à ces violences, nous devons tenir une ligne claire : ne rien céder sur les principes républicains, sans renoncer à entendre les revendications qui s’expriment dans le pays.
Il faut d’abord refuser les amalgames. Les jeunes et les citoyens venus manifester pour faire entendre leurs préoccupations ne sauraient être confondus avec les groupes violents qui ont détruit des biens publics et privés. Ces actes doivent être condamnés sans ambiguïté et leurs auteurs répondre de leurs responsabilités. S’en prendre à une mairie, ce n’est pas seulement dégrader un bâtiment : c’est attaquer la maison commune, un service de proximité et une représentation de la République.
Les forces de l’ordre ont été largement débordées. Des manifestants comme des policiers ont été blessés. Nous devons avoir pour chacun d’eux la même considération et refuser que la violence finisse par tenir lieu de débat public.
Les conséquences de ces journées dépassent les seules destructions matérielles. La liberté de manifester est fragilisée lorsque la violence empêche l’expression des revendications. La jeunesse se trouve confrontée à la brutalité alors qu’elle attend des réponses sur son avenir. L’État est mis en cause dans sa capacité à assurer partout la sécurité. À cela s’ajoutent les dommages infligés à une économie déjà fragilisée et l’image dégradée de notre pays.
Mais le constat, aussi sévère soit-il, ne suffit pas. La condamnation des violences ne peut tenir lieu de réponse politique. Rétablir l’ordre est indispensable ; répondre aux raisons de la mobilisation l’est tout autant. Ces deux exigences ne s’opposent pas : elles doivent être portées ensemble.
Il appartient donc au Gouvernement d’ouvrir des négociations sérieuses avec les organisations de jeunesse et les organisations syndicales sur les sujets à l’origine des manifestations. Un dialogue véritable suppose une volonté d’écouter, de discuter et d’apporter des réponses concrètes.
Il lui revient également de réunir les forces politiques déterminées à rechercher des réponses communes en matière de maintien de l’ordre. La protection des personnes et des biens, comme la garantie des libertés publiques, exige davantage que des postures.
À six mois d’une échéance cruciale pour la France, l’urgence est de retrouver la paix civile, de préserver la stabilité du pays et de rassembler les citoyens autour de la République. Non pour effacer les désaccords, mais pour permettre qu’ils s’expriment et se règlent démocratiquement, sans peur et sans violence.”